... peint son "paradis végétable"



Au sujet du travail de Joke Frima.

 

Introduction par Paul Meeuws  du livre de Joke Frima – Drawings and paintings 1986 – 1996.

Publication Grafisch Lyceum Rotterdam, 1996.

 

 

Quand Joke eut conscience de son talent elle eut aussitôt une idée très précise de ce qu’elle voudrait faire. Cette perspicacité ne se dévoila pas dans une école artistique hollandaise. Elle y a été quelque peu mais elle n’aimait ce qui lui était proposée.

 

D’ordinaire les jeunes prodiges ont beaucoup de mal à trouver leur voie. Ils tentent différentes choses, remplissant des carnets à dessin et des toiles. Il est permis, de nos, jours, à des étudiants en art de ne pas savoir ce que leur tableaux représentent. L’académie, reconnaît difficilement l’une ou l’autre des méthodes. Le dessin d’observation, comme il est couramment appelé, est encore dans les programmes d’enseignement, mais n’est qu’un simple pas vers le talent dans lequel la nature se réfère à la consécration d’une compulsion créative de l’étudiant.

 

Joke du descendre sur Florence pour y découvrir que, ses compositions par observation, n’étaient non seulement une intention mais un but en elle. Elle fut fascinée par ce qui est généralement connu sous le nom de « Réalisme » : son ambition transférer sur sa toile des images aussi précises que ce qu’elle voyait. Sous la tutelle d’une ancienne mais vive signorina Simi, elle a appris a dessiné tel que Simi le tenait de son père. Plâtre, pot en faïence, visage humain. Elle a progressé au travers d’une pratique, six jours de six heures chaque.

 

Ceux qui ont en horreur la discipline ne pourraient en aucun cas  faire le travail de Joke. Essayer de le comparer à une représentation musicale. Les pièces musicales d’Heller et Clemente ont donnée de l’éclat à une main exercée qui a atteint un niveau qui montre une maitrise parfaite du matériau. La route est de ci cde la longue et étroite comme pourrait nous le raconter un pianiste débutant. En art, c’est totalement différent, bien que le chemin soit bien moins marqué pour un peintre. Il est, après tout, pas interprète, et les risques de s’écarter de son chemin sont plus grandes. L’amplitude du talent de Joke ne veut pas perdre ses traces ni errer, cependant  un chemin détournée peut-être séduisant. Elle veut arriver à quelque chose. 

 

Celui qui pense que le chemin d’un peintre réaliste est aisée – Certes, il fait face à son sujet, n’est ce pas ?  - n’a jamais vraiment le temps de le regarder. Prenez une pierre, non pas une pierre précieuse trouvée par un géologue amateur, mais celle éparpillées au milieu d’un chemin à qui il donne un aspect agréable. Il vous faut vous agenouillez et rapprocher votre visage le plus près possible du sol avec  l’humilité d’un pape, puis vous pouvez devenir conscient de ce que le poète Francis Ponge appelle « Le parti pris des choses » : vous êtes captivé par le sujet. Partout où de tels multitudes couvrent le sol leurs  arrières forment une couche qui offre ni pied ni esprit à une position avantageuse.

 

Que nous raconte les pierres, et ou se trouve leur beauté ? Joke Frima l’a souvent peinte. Ces toiles sont très simples, avec une ambiance austère dans son œuvre. Modeste car les formes simples  font seulement apparaître leur âge stupéfiant, austère parce que elles découragent le peintre de montrer  toutes ses capacités de virtuose. Leur éclat est riche, leur saturation tombe à l’intérieur de cette automnale, tertiaire où les couleurs présentes n’ont pas de nom. Elles sont modestes car leursens s’étalent dans leur multitude : gravier, décombres, ciment.

 

“ Ces objets inconnus ,” écrit Ponge , " perdus dans le désordre dans la désolation envahit par des hautes herbes, varech, vieux bouchons et objets jetés à la mer – impassible au milieu des troubles atmosphériques – témoin sans voie, le spectacle de toute les forces qui file comme le vent,  sortant de la poitrine poursuivant des choses sans importances. ”

 

Chaque pierre, même le petit galet, entraperçue, deviennent la pierre de la sagesse. La représentation d’une pierre peut être comparée à une séance méditative, moment qui aidera de manière ultime à la compréhension qu’il y a quelque chose les retenues de la nature.

 

Les tableaux de Joke Frima ne sont pas là pour plaire, comme le fait un peu la nature qu’elle dépeint le fait. Elle amène ces emplacements avec beaucoup de retenue, éliminant une sélection arbitraire en faveur de l’uniformité des formes, leur place sur la toile, même dans ses applications du matériau, n’y apportant aucun flou. Toutes ces tâches de fusain appliquées mécaniquement dans l’herbe laisse à penser au délicat tissage d’une tapisserie.

 

 

Il ya un là un manque d’organisation dans le travail de Joke ; le gigantisme des plantes,  les citrouilles prostrées, une tige de maïs entière comme le portrait de la famille royale, le tombée d’un lierre grimpant, les pierres, le fruit et aussi les nues, debout, assis, couchés. Son « Adam et Eve » n’exprime rien de plus que leurs corps dénudés  suscité par l’observateur On peut les appelés « cosmorphique » signifiant comme ressemblant aux autres créations de la nature,  cependant frappant, ils apparaissent sur la toile. *)

 

Francis Ponge: "Dans le nom des choses".

 

 

11793Dans ses peintures la suprématie humaine est une fiction. Le réalisme de Frima n’est que trop explicite pour tenir compte du drama romantique.

 

Elle ne nous présente pas avec un paradis perdu mais seulement ce que l’œil malicieux veut bien découvrir chaque jour : sa propre nature, pas encore tombée en proie sous notre idiote recherche.

 

 

Paul Meeuws 

du livre de Joke Frima – Drawings and paintings 1986 – 1996.

Publication Grafisch Lyceum Rotterdam, 1996.